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Le journal des fans de comics : Lev Gleason – partie 3/3

Troisième partie de l’article consacré à l’éditeur Lev Gleason


Merci de ne pas faire de copier/coller de ce texte et de ne pas le diffuser sans mon autorisation.

Lev Gleason est devenu un éditeur important dans le monde des comics. Son nombre croissant de titres proposés croit. La qualité également, faisant ainsi de Lev Gleason Publications, une entreprise en plein essor. Mais le champ d’action de Lev Gleason ne se limite pas aux comics. Il publie deux ouvrages dénonçant le fascisme domestique de son pays, « Sabotage : The secret war against America » et « The plot against the peace ». À son actif également une courte biographie de Tito, le célèbre dirigeant de la célèbre Yougoslavie, intitulée, « Incredible Tito! Man of the Hour ». Il lance également une collection nommée « la bibliothèque de Gleason Lev ». Sa devise, « Plaisir et Profit ». Cette collection édite des romans aux titres très évocateurs. On pourrait citer, « The Wench is Willing », «Dishonorable Lady » ou encore « Hotel Wife ». L’expérience de “Friday” a laissé un gout d’inachevé pour Lev Gleason. Il profite donc de son succès pour lancer une nouvelle revue. Ce dernier intitulé, « Reader’s Scope » à pour vocation de concurrence le célèbre « Reader Digest » .

Reader's Scope

Reader’s Scope

Son nouveau magazine traite de la mode, des célébrités, propose des petites annonces et des extraits de livres. Mais malgré un contenu un peu plus « léger », Lev Gleason n’oublie pas pour autant d’insérer des articles d’analyse politique américaine ou internationale. Howard Fast et Alber Kahn, des écrivains catalogués comme gauchistes, signent des articles. Lev Gleason réussira même à embaucher, Truman Capote le célèbre romancier, comme chroniqueur humoristique !

À la fin des années quarante et au début des années cinquante, l’anti-communiste américain bat son plein. Cette peur rouge cristallisée par le Maccarthysme fait énormément de dégâts. Lev Gleason n’échappe pas à cette traque en décembre 1945n le journal « New York World-Telegram », l’identifie comme un compagnon procommuniste. Ces accusations obligent Lev Gleason à porter plainte pour diffamation. En 1950, Lev Gleason se sentira obligé d’écrire un article intitulé « Je ne suis pas un communiste » et qu’il publiera dans son journal de Chappaqua. Ces concurrents profitent de l’aubaine et ressortent une information comme quoi il était inscrit comme communiste dans les années trente. Le « New York World-Telegram » enfonce le clou en affirmant que Lev Gleason avait une identité secrète russe et publiai des articles dans le magazine « Soviet Russia Today » sous le nom d’Alexander Lev. Aujourd’hui, sa famille se pose encore des questions sur la véracité de ses informations.

Le comics code :

Lev Gleason comme le montre ses différentes publications, actes ou paroles a toujours été un homme droit. Sa revue le « Crime ne paie pas » malgré sa brutalité qui ne l’oublions pas était le reflet de cette époque, avait toujours une morale et les criminels étaient toujours punis pour leurs actes. En mai 1951, Lev Gleason démissionne de la présidence de l’association des éditeurs de comics mais continue à pour la bande dessinée. Dans un essai en septembre 1952 dans la revue « Today’s Health » Lev Gleason écrit que « les magazines de bandes dessinées offrent un potentiel incroyable. Ils peuvent aider les enfants et les adolescents à devenir des adultes plus heureux et plus intelligent ». Malheureusement un docteur n’est pas de cet avis. Le docteur Fredric Wertham, né le 20 mars 1895 à Munich en Allemagne et mort le 18 novembre 1981 était un psychiatre américain. Ce docteur qui a pour maître Sigmund Freud et Emil Kraepelin est une sommité respectée en Amérique. Ses travaux psychiatriques entre autre sur les criminels ont fait de lui un homme très écouté. En 1941, il publie le livre « Dark Legend », où il relate l’histoire vraie d’un meurtrier de 17 ans, qui avait selon lui une obsession particulière pour les films, les feuilletons radiodiffusés, et la bande dessinée. La bande dessinée sera donc le nouveau cheval de bataille du Docteur Wertham. À partir de 1948, il s’engage dans une campagne contre les comics. Il publie notamment une interview dans le magazine « Collier’s Weekly » intitulée « Horror in the Nursery » et « The Psychopathology of Comic Books » dans le journal scientifique « l’American Journal of Psychotherapy ».

Horror in the nursery !

Horror in the nursery !

Il atteint le summum de son influence en 1954 avec la publication de son livre Seduction of the Innocent. Il y décrit de nombreuses représentations ouvertes ou suggérées de scènes de violence, de sexe, d’usage de drogue et autres thèmes adultes qu’il a relevé dans ce qu’il appelle les crime comics. Pour lui ceux-ci incluent tout comics contenant des scènes de crime, qu’ils soient consacrés à des histoires de gangsters et d’affaires de meurtre (un genre très populaire à l’époque), de super-héros ou d’horreur. Il relate également des crimes commis par des lecteurs de comics, martelant sa thèse : la lecture de comics pousse les jeunes au crime. Il va jusqu’à dire que « Hitler était un débutant au regard de l’industrie des comics » quant à l’enseignement de la violence et du racisme.

Le livre devient un best-seller ; des extraits en sont publiés dans des publications telles que le Reader’s Digest, augmentant encore son impact. La publication du livre coïncide avec les travaux d’une commission d’enquête du Congrès sur la délinquance juvénile. Avec l’émoi provoqué par son ouvrage, il est inévitable que Wertham soit amené à témoigner. La publication du livre coïncide avec les travaux d’une commission d’enquête du Congrès sur la délinquance juvénile. Avec l’émoi provoqué par son ouvrage, il est inévitable que Wertham soit amené à témoigner. Effectivement convoqué devant cette commission, il y répète ses thèses : les comics sont l’une des causes de la délinquance juvénile ; son prestige dû à son rôle de témoin expert dans plusieurs procès importants lui assure la plus grande attention de son auditoire. Ce n’est pourtant pas ce témoignage qui obtient le plus grand retentissement, mais celui de l’éditeur William Gaines.

William Gaines

William Gaines



Sa maison d’édition, EC Comics publie alors les comic books aux thèmes les plus adultes du marché, notamment dans le genre de l’horreur. Désireux de défendre son activité, Gaines décrit la couverture de l’une de ses publications où apparaît une tête de femme décapitée comme « de bon goût ». Ce témoignage calamiteux de Bill Gaines oblige Lev Gleason à monter au créneau. Devant la commission du sénat l’éditeur demande qu’une enquête soit faite sur le docteur. Quelles sont ses réelles motivations ? Que cherche-t-il vraiment dans cet acharnement ?  Lev Gleason et les autres éditeurs de comics sentent le vent tourner. D’eux-mêmes, ils décident de créer un organisme ayant pour objectif de régir le contenu éditorial des revues et ainsi éviter la censure. La création du « Comics Code Authority » aux yeux du Docteur Wertham ne va pas assez loin. Il se trompe car la mise en œuvre du CCA aura de très lourdes conséquences. Bon nombre d’éditeurs vont faire faillite.

Fin de Lev Gleason Publications :

Avec l’avènement de la télévision, les changements dans la société américaine et l’édulcoration des bandes dessinées suite à création du comics code, les titres de Lev Gleason se vendent beaucoup moins bien. À la fin du mois de mars 1955, les bureaux de Lev Gleason, bureaux occupés depuis 1943 sont libérés et remis en location. Le 18 décembre 1956 « Lev Gleason Enterprises Corporation » est officiellement dissoute. Que va faire maintenant Lev Gleason ? Il devient agent immobilier ! Lui et sa femme vendent leur maison de Chappaqua et s’installent à Somers plus loin de la ville mais bien moins cher. Charles Biro fera comme son patron. Il quittera le monde de la bande dessinée et travaillera dans la publicité puis deviendra directeur artistique pour NBC. La tragédie de la cessation de l’entreprise sera encore plus forte quand Bob Wood sera arrêté pour le meurtre d’une femme.

En décembre 1969, Lev et Peggy vendu leur maison à Somers et s’installent à Brewster dans le Massachusetts. Ils sont à la retraite maintenant mais doivent encore travailler pour joindre les deux bouts. Ils fabriquent des petits ornements patriotiques mettant en vedette l’aigle américain. Néanmoins, sa contribution au rapport du cinquantième anniversaire de la classe d’Harvard de 1920 révèle que Lev Gleason est toujours fortement imprégné de politique. Il écrit, « Mes plus grandes satisfactions sont d’avoir politiquement contribué à faire de mon pays, un pays meilleur et un monde un peu plus pacifique « .

Le 24 septembre 1971, Lev Gleason s’éteint pendant sa sieste. Un très grand de l’industrie des comics vient de s’éteindre. L’engouement actuel pour ses réalisations prouve encore une fois que son titre de meilleur éditeur du Golden-Age n’est pas usurpé.



Le journal des fans de comics : Lev Gleason – partie 2/3

Seconde partie de l’article consacré à l’éditeur Lev Gleason

Toute reproduction partielle ou complète est interdite. Merci de votre compréhension.

Assument pleinement ses convictions, il participe avec Dan Gilmor, jeune écrivain de talent et fis d’une richissime famille du Midwest, à la création de « Friday magazine », une revue démocratique se voulant être une alternative au magazine « Life ». Chaque couverture de « Friday » met en vedette un modèle féminin attractif donnant l’impression que le contenu allait être léger mais il n’en étant rien. Les articles publiés étaient très marqué à gauche. D’ailleurs, un article de novembre 1941 consacré à Henry Ford et dénonçant avec force ses convictions antisémites et son admiration pour le fascisme d’Adolph Hitler fit scandale. Le magazine s’arrêta au bon d’un an ce qui n’empêcha pas le magnat de la presse, William Hearst de poser quelques problèmes à Lev Gleason.

Friday #1 - mars 1940

Friday #1 – mars 1940

Lev Gleason se marie pour la troisième fois en 1941 ave Margaret Cawley Clarke et restera avec sa nouvelle femme jusqu’à la mort de cette dernière. Juste après son mariage, Lev Gleason se réengage dans l’armée mais ne participe pas aux opérations en Europe. Il reste dans son pays. Il quitte l’armée pour raisons de santé et s’installe avec sa femme à Chappaqua, une ville riche de l’état de New York. Le couple prend du bon temps dans leur nouveau quartier. Ils sympathisent avec les écrivains Lilian Hellman et Daniel Hammett et fréquentent les cercles huppés de la ville. Cette nouvelle vie opulente n’empêche pas Lev Gleason d’être fidèle à ses idées démocrates.  À cet effet, Lev Gleason participe activement à levée de fonds pour le parti démocrate avec des artistes tels que Canada Lee, Rockwell Kent ou Howard Fast.

Revenons à sa maison d’édition. Celle-ci grossit rapidement permettant ainsi à Lev Gleason de se lancer dans d’autres projets. Il créé un journal « The New Castle News» dans sa ville de Chappaqua et devient ainsi le principal concurrent du journal républicain local. Lev Gleason fidèle à lui-même ne fait pas dans la dentelle. Il est à l’origine de nombreuses controverses dont l’une l’opposera directement à DeWitt Wallace le puissant éditeur conservateur du Reader Digest magazine, magazine également basée à Chappaqua.

Lev Gleason rejoint le comité des réfugiés antifascistes. Ce comité à pour vocation d’aider les réfugiés fuyant les dictatures de leur pays don bon nombre d’espagnoles fuyant le franquisme suite à la guerre civile. Lev Gleason n’était pas la seule célébrité à soutenir cette organisation. Pablo Picasso, Ernest Hemingway et Lucille Ball en faisait également partie. En ces temps de guerre froide le Congrès et sa branche de surveillance des activités anti-américaine plaça le comité antifasciste sur la liste des organisations subversives. La peur du communisme s’insinue dans tous les rouges de l’état.

 Le comité est mis en demeure de s’expliquer et Lev Gleason en tant que membre du comité exécutif se voit contraint en avril 1946 d’aller à Washington se défendre contres les accusations d’anti-américanité portées contre lui. Le jugement de ce « procès »sera rendu en juin 1947. Lev Gleason est commdané é à 500 dollars d’amende et à trois mois de prison avec sursis.

Souscription pour l’aide aux réfugiés espagnoles - 1939

Souscription pour l’aide aux réfugiés espagnoles – 1939

Il aurait pu écoper de bien plus s’il n’avait pas accepté de démissionner du conseil d’administration. Ce procès a été largement couvert par la presse, y compris par Newsweek. Le journal publiera  « Le gouvernement est exaspéré…l’éditeur Leverett Gleason… condamné. ». Tout n’est pas rose pour Lev Gleason. Après avoir été attaqué sur le front de ses idées politiques, il l’est maintenant pour ses revues. L’essor de la popularité des bandes dessinées dans les années 40 chez les jeunes adolescents inquiète les parents. Il n’en faut pas plus  à certains pour affirmer que la raison de la délinquance juvénile se trouve dans les bandes dessinées de l’époque. La revue « Crime Does Not Pay » sera l’exemple type de cette chasse aux sorcières.

Cette chasse est incarnée par le Docteur Fred Wertham. Lev Gleason ne se démonte pas et par deux fois débat avec le docteur. Une fois à la radio en juin 1948 sur les ondes de CBS et une fois sur la chaîne de télévision WNBT en juillet 1950. Sentant le danger venir, Lev Gleason prend la présidence de l’association des éditeurs de comics. Il participe à la mise en place d’un code de bonne morale (voir partie 3) et le défend devant les instances juridiques new yorkaises,  évitant ainsi la censure de ses publications.

Le Docteur Fred Wertham n’aime pas les comics, mais il les lit quand même !

Le Docteur Fred Wertham n’aime pas les comics, mais il les lit quand même !

 A SUIVRE…

 

 

 



Le journal des fans de comics : Lev Gleason – partie 1/3

Bonjour à tous,

Comme vous avez pu le remarquer, je suis par le bais entre autre de mes revues, un fan de la maison d’édition ayant édité le premier Daredevil à savoir les éditions « Lev Gleason ». Je vous propose ci-après un petit article en plusieurs parties sur l’oeuvre de ce grand homme. Cet article sera présent dans le numéro 13 du journal des fans de comics, qui est toujours prévu pour cette année… mais comme j’ai un peu la flemme en ce moment… Le journal des fans de comics : Lev Gleason – partie 1/3 dans Journal des Fans de Comics bigsmile

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Rapide présentation de la maison d’édition :

Lev Gleason Publications était une maison d’édition fondée en 1939 par Leverett Gleason et spécialisée dans les comics. Cette société d’édition était l’une des plus populaires de la période du Golden-Age. Basée à Manhattan à New York, Lev Gleason Publications était très novateur pour son époque. Les revues étaient étiquetées « illustories » afin de bien indiquer qu’elles différentes et modernes. Également, Lev Gleason Publication fut pionnier dans la production de matériel destiné aux adultes. Parmi la multitude des titres publiés par cet éditeur, on retiendra comme les plus grands succès, Daredevil, Silver Streak, Crime Does Not Pay et Boy Comics. Crime Does Not Pay sera d’ailleurs un succès considérable. Des dizaines d’imitateurs publieront des titres similaires.

Les titres de Lev Gleason relatifs au crime ainsi que les titres d’horreur produits par EC Comics, ont été la cible de plus en plus de critiques et de censeurs. Cette pression a conduit à la création en 1948 de l’Association des éditeurs de Magazine Comics (ACMP) pour tenter d’éviter qu’une réglementation externe s’impose aux éditeurs. Lev Gleason était l’un des membres fondateurs. L’ACMP est la première étape vers la création du fameux « Comic Code Authority » en 1954. En avril 1949, Lev Gleason Publications alors établi au 114 East 32nd Street à Manhattan, commence la publication de magazine pour adulte. « Tops ». Le premier numéro contiendra non seulement des dessins pour adultes sous forme de comics-strip mais aussi des extraits de livre dont le fameux « Wine, Women and Words » de Billy Rose.

Lev Gleason se retire des affaires en 1956. Ses dernières publications sont le numéro 3 de Jim Dandy en septembre 1956 et Short Shiner #3 en octobre 1956, une revue western pour les enfants. Ses deux revues furent publiées sous le sigle de Dandy Magazines Inc. 

Lev Gleason

Lev Gleason

La vie et l’œuvre de Lev Gleason :

 Leverett Stone Gleason est né le 25 février 1898 à Winchendon dans l’état du Massachusetts. Lui et son frère ont grandi dans une confortable maison protestante. Le père de Lev était originaire du Vermont était un médecin de famille très populaire. Après avoir vécu à Winchendon, la famille Gleason démange et s’installe à Boston. Lev Gleason étudie à la « « Newton High School » puis à la « Phillips Academy » d’Andover ». Il entre à Harvard à l’automne 1916.  Les États-Unis déclarent la guerre à l’Allemagne l’année suivante, et Lev Gleason décide de partir combattre. Il s’engage donc dans l’armée et atterrit en France. À la fin de la guerre, Lev Gleason décide de rester à Paris. En 1919, il suit des cours de lettres à la Sorbonne dans le cadre d’un programme destinée aux soldats américains. En août 1919, il décide de rentrer au pays.

Malheureusement, il ne retourne pas à l’école et n’est donc pas diplômé. Cependant, il conserve son amour pour la connaissance et dévore un livre par jour et ce tout au long de sa vie. Peu de temps après son retour, il se marrie et son fils unique voit le jour en 1921. Il est à noter que son fils mourra noyé à très jeune dans un tragique accident.

 

Lev Gleason militaire

Lev Gleason militaire

À Boston, Lev Gleason goûte pour la première fois au métier d’éditeur via la vente d’encarts publicitaires pour  des magazines comme «  Open Road for Boys » et « National Sportsman ». Le mariage de Lev ne marche pas très fort et divorce rapidement. En 1929 quand il s’installe à New York, il est à nouveau célibataire.  À New York, Lev rejoint la compagnie « Eastern Color Printing Company », une entreprise  pionnière du « comic book ». C’est une très grande chance pour lui, car cela lui met le pied à l’étrier dans le domaine de la bande dessinée. En 1936, Lev travaille à temps plein pour « United Features Syndicate » en tant que rédacteur en chef de « Tip Top Comics », magazine publié par Eastern Color.

En 1939, Lev Gleason monte sa propre entreprise. Ayant besoin de fonds, il se rapproche d’Arthur Bernhard, homme rompu à l’édition de magazines et travaillait pour Eastern News, une société spécialisée dans la distribution de périodiques. Morris Latzen, un partenaire d‘Arthur Bernhard se joint au duo. Lev Gleason peut donc créer sa propre société. Celle-ci dernière se situe dans un immeuble de bureaux à Manhattan situé au « 114 East 32nd Street ». Le premier numéro de la première revue de Lev Gleason, Silver Streak Comics, sort en décembre 1939. L’artiste « clef de voute » de ce premier numéro sera Jack Cole. En effet ce dernier, homme d’expérience avec ses réalisations pour Chesler / Dynamic et Centaur, signe la première aventure du futur Némésis de Daredevil, l’impitoyable « Griffe » (The Claw).

Silver Streak #1 – décembre 1939

Silver Streak #1 – décembre 1939

L’apparition du personnage de Bart Hill dans les pages de la revue aura un retentissement considérable au point qu’en juillet 1941, Lev Gleason décide de créer un nouveau titre tourné spécialement pour ce héros. « Daredevil Comics » est donc né et bien né ! En effet, pendant des années ce titre sera la revue phare de Lev Gleason. Le succès ne revient pas seulement à l’éditeur. Les artistes, Charles Biro et Bob Wood qui accompagneront Lev Gleason pendant toute l’existence de la société de Lev Gleason sauront apporter les ingrédients nécessaires au succès. Lev Gleason a eu le nez creux en recrutant ses deux artistes. D’ailleurs, le duo fera encore des merveilles en 1942 sur le titre le « Crime ne paie pas ».

Revenons au titre de Daredevil. Son combat permanent contre la dictature quelle qu’elle reflète bien les idées politiques de Lev Gleason. L’éditeur à des idées progressistes, laïques, libérales et résolument antifasciste. Malgré sa stature dans le monde des comics et à l’apogée de sa carrière, il n’hésitera pas à s’impliquer dans milieu gauchiste de New York. Il ne faut pas oublier, que les années quarante et cinquante ne sont pas les plus faciles pour se revendiquer de gauche en Amérique.

Première aventure de Daredevil alias Bart Hill Silver Streak #6 – septembre 1940

Première aventure de Daredevil alias Bart Hill
Silver Streak #6 – septembre 1940

À SUIVRE… 



Daredevil de Lev Gleason, la mascotte de J.F.C Editions !

Notre ami Daredevil, celui de l’éditeur Lev Gleason est toujours présent dans Centaurus. Mais savez-vous tout de la mascotte de J.F.C Éditions ? Non ? Alors lisez en avant-première un petit bout du Journal des fans de Comics numéro 13, qui paraitra courant 2015 et qui sera consacrée à l’éditeur Lev Gleason.

DAREDEVIL COMICS

 Daredevil comics de Lev Gleason

Daredevil comics de Lev Gleason

Date de parution : de juillet 1941 à septembre 1956.

Nombre de numéros : 134.

Fréquence de parution : bimestrielle.

Description de la série : suite au succès du personnage de Daredevil dans la revue Silver Streak Comics, Lev Gleason décide de créer un nouveau titre dédié à ce super-héros du Golden-Age. Le premier numéro sort en juillet 1941 et voit Daredevil et son ami Silver Streak combattre le plus infâme des ennemis du vingtième siècle, à savoir Adolph Hitler. Beaucoup d’histoires parues dans Daredevil Comics seront écrites et dessinées par Charles Biro. Le numéro 2 de la série voit le changement de look de Daredevil et au numéro 18, Charles Biro réécrit ses origines.  Au numéro 13 en octobre 1942, Charles Biro introduit les personnages des « Little Wise Guys ». Ses personnages nous font penser immédiatement au groupe d’enfants très connu aux États-Unis, « Les petites canailles ». Les aventures du groupe formé de Curly, Jocko, Peewee, Scarecrow, et Meatball (ce dernier décédera au numéro 15) tourneront autour de Daredevil puis à partir du numéro  70 de janvier 1950, se dérouleront en solo. 

Zoom sur Daredevil : Daredevil alias Bart Hill a été créé par Jack Binder en 1940 pour le compte de Lev Gleason. La première apparition de ce héros se fait via le numéro 6 de la revue Silver Streak paru en septembre 1940. Daredevil dans cette première aventure de 8 pages, possède quelques caractéristiques qui influenceront nettement Stan Lee lors de la création de son Daredevil. Bart Hill, le héros du Golden-Age, est muet, armé d’un boomerang et porte un costume jaune et bleu. Matt Murdock le héros de Marvel est quant à lui aveugle, armé d’un canne et porte un habit jaune et rouge !

Dès le numéro suivant de Silver Streak, l’artiste Jack Cole le futur créateur de Plastic Man, retravaille le personnage. Bart Hill change la couleur de sa tenue (rouge et bleu) et retrouve l’usage de la parole. Daredevil sera publié dans Silver Streak jusqu’au numéro 17 de décembre 1941 et durant tout ce laps de temps se heurtera au vilain en chef de la revue, l’abominable « Claw ». La Griffe deviendra ainsi l’ennemi de Daredevil et leur affrontement continuera dans les pages de « Daredevil Comics », nouvelle revue de Lev Gleason qui voit le jour en juillet 1941.

Charles Biro et Bob Wood signent la couverture du numéro 1 de Daredevil Comics. Ils ne le savent pas encore  mais ce premier numéro mettant en scène le justice au boomerang contre Adolph Hitler deviendra légendaire.  Même si en juillet 1941, l’Amérique n’est pas encore officiellement entrée en guerre, on s’aperçoit que la menace de l’Allemagne nazie et de son déposte sont au cœur des préoccupations. Charles Biro restera 16 ans sur le titre « Daredevil Comics ». Au numéro 18 paru en août 1943, Charles Biro revisite les origines de Bart Hill. Il en fait un orphelin élevé par les aborigènes australiens et maniant à la perfection le boomerang. La dernière aventure de Daredevil se produit au numéro  69 en novembre 1949. Il reviendra épisodiquement dans la revue mais comme « invité » des « Little Wise Guys ».

Autres publications : Daredevil étant dans le domaine public, il a fait l’objet de nombreuses publications. On notera principalement comme éditeur, AC Comics, First Publications, Image Comics, Dynamite Entertainment et bien évidemment J.F.C Éditions.