Le journal des fans de comics : Lev Gleason – partie 2/3

Posté le 21 août 2015

Seconde partie de l’article consacré à l’éditeur Lev Gleason

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Assument pleinement ses convictions, il participe avec Dan Gilmor, jeune écrivain de talent et fis d’une richissime famille du Midwest, à la création de « Friday magazine », une revue démocratique se voulant être une alternative au magazine « Life ». Chaque couverture de « Friday » met en vedette un modèle féminin attractif donnant l’impression que le contenu allait être léger mais il n’en étant rien. Les articles publiés étaient très marqué à gauche. D’ailleurs, un article de novembre 1941 consacré à Henry Ford et dénonçant avec force ses convictions antisémites et son admiration pour le fascisme d’Adolph Hitler fit scandale. Le magazine s’arrêta au bon d’un an ce qui n’empêcha pas le magnat de la presse, William Hearst de poser quelques problèmes à Lev Gleason.

Friday #1 - mars 1940

Friday #1 – mars 1940

Lev Gleason se marie pour la troisième fois en 1941 ave Margaret Cawley Clarke et restera avec sa nouvelle femme jusqu’à la mort de cette dernière. Juste après son mariage, Lev Gleason se réengage dans l’armée mais ne participe pas aux opérations en Europe. Il reste dans son pays. Il quitte l’armée pour raisons de santé et s’installe avec sa femme à Chappaqua, une ville riche de l’état de New York. Le couple prend du bon temps dans leur nouveau quartier. Ils sympathisent avec les écrivains Lilian Hellman et Daniel Hammett et fréquentent les cercles huppés de la ville. Cette nouvelle vie opulente n’empêche pas Lev Gleason d’être fidèle à ses idées démocrates.  À cet effet, Lev Gleason participe activement à levée de fonds pour le parti démocrate avec des artistes tels que Canada Lee, Rockwell Kent ou Howard Fast.

Revenons à sa maison d’édition. Celle-ci grossit rapidement permettant ainsi à Lev Gleason de se lancer dans d’autres projets. Il créé un journal « The New Castle News» dans sa ville de Chappaqua et devient ainsi le principal concurrent du journal républicain local. Lev Gleason fidèle à lui-même ne fait pas dans la dentelle. Il est à l’origine de nombreuses controverses dont l’une l’opposera directement à DeWitt Wallace le puissant éditeur conservateur du Reader Digest magazine, magazine également basée à Chappaqua.

Lev Gleason rejoint le comité des réfugiés antifascistes. Ce comité à pour vocation d’aider les réfugiés fuyant les dictatures de leur pays don bon nombre d’espagnoles fuyant le franquisme suite à la guerre civile. Lev Gleason n’était pas la seule célébrité à soutenir cette organisation. Pablo Picasso, Ernest Hemingway et Lucille Ball en faisait également partie. En ces temps de guerre froide le Congrès et sa branche de surveillance des activités anti-américaine plaça le comité antifasciste sur la liste des organisations subversives. La peur du communisme s’insinue dans tous les rouges de l’état.

 Le comité est mis en demeure de s’expliquer et Lev Gleason en tant que membre du comité exécutif se voit contraint en avril 1946 d’aller à Washington se défendre contres les accusations d’anti-américanité portées contre lui. Le jugement de ce « procès »sera rendu en juin 1947. Lev Gleason est commdané é à 500 dollars d’amende et à trois mois de prison avec sursis.

Souscription pour l’aide aux réfugiés espagnoles - 1939

Souscription pour l’aide aux réfugiés espagnoles – 1939

Il aurait pu écoper de bien plus s’il n’avait pas accepté de démissionner du conseil d’administration. Ce procès a été largement couvert par la presse, y compris par Newsweek. Le journal publiera  « Le gouvernement est exaspéré…l’éditeur Leverett Gleason… condamné. ». Tout n’est pas rose pour Lev Gleason. Après avoir été attaqué sur le front de ses idées politiques, il l’est maintenant pour ses revues. L’essor de la popularité des bandes dessinées dans les années 40 chez les jeunes adolescents inquiète les parents. Il n’en faut pas plus  à certains pour affirmer que la raison de la délinquance juvénile se trouve dans les bandes dessinées de l’époque. La revue « Crime Does Not Pay » sera l’exemple type de cette chasse aux sorcières.

Cette chasse est incarnée par le Docteur Fred Wertham. Lev Gleason ne se démonte pas et par deux fois débat avec le docteur. Une fois à la radio en juin 1948 sur les ondes de CBS et une fois sur la chaîne de télévision WNBT en juillet 1950. Sentant le danger venir, Lev Gleason prend la présidence de l’association des éditeurs de comics. Il participe à la mise en place d’un code de bonne morale (voir partie 3) et le défend devant les instances juridiques new yorkaises,  évitant ainsi la censure de ses publications.

Le Docteur Fred Wertham n’aime pas les comics, mais il les lit quand même !

Le Docteur Fred Wertham n’aime pas les comics, mais il les lit quand même !

 A SUIVRE…

 

 

 

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